Selon Jenaro Talens, ce titre provient de "L’étranger", extrait des Petits poèmes en prose de Baudelaire :
– Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !
Dans ce recueil qu’est Las Nubes, Luis Cernuda parvient à une voix mûre et originale. La guerre et l’expérience de l’exil sont au centre de ses poèmes. Il crée des élégies espagnoles où il se plaint de la destruction de l’Espagne et où il réfléchit sur ce qu’est l’exil.
Parmi ses images poétiques, nous distinguons la lune qui est éternelle par rapport au caractère éphémère de l’homme. Il la qualifie de "diosa virgen" (déesse vierge) en se référant à un éden passé. Il écrit sur Federico García Lorca dans "A un poeta muerto (F. G. L.) " (À un poète mort (F. G. L.)) où il explique l'assassinat de son ami comme le résultat de la haine de la société, parce qu'il est un homme exceptionnel.
Le poète est sans doute différent des autres hommes et suscite trop l'envie et la jalousie. Il réfléchit sur la nature du poète qui est un émissaire de l’immense capacité créatrice. Il voit l’Espagne comme "morte" et révèle qu'écrire en Espagne, ce n'est pas pleurer, c'est mourir en se référant à Lorca qui écrivit "Escribir en España es llorar" (Écrire en Espagne, c’est pleurer). L’Espagne est détruite aux yeux du poète par la guerre, puis par la dictature franquiste.