Les métaux dans le commerce traditionnel africain

Réputée pour sa pauvreté en voies de communication, l’Afrique est un continent où l’on a pratiqué les commerces les plus variés. On pense que le commerce existait déjà à l’époque préhistorique. A l’heure, on connaît très bien l’importance de l’or dans l’histoire des civilisations africaines.



Les métaux dans le commerce traditionnel africain
Le commerce transsaharien avec les pays de Maghreb a pris une grande importance avec la mise en exploitation des mines d’or du Haut Sénégal. Et le Ghana, premier royaume africain au sud du grand désert, connu, en tant que tel, par le reste du monde, doit sa notoriété au titre porté par son souverain, le « roi de l’or ». Il en est de même du Zimbabwe, en Afrique australe qui entretenait, il y a un millénaire, des relations commerciales avec les autres pays de l’océan Indien.

Mais le commerce de l’or ne portait que sur des volumes relativement modestes par rapport aux métaux plus « utiles », comme le cuivre et le fer dont l’utilisation a permis le défrichage de la forêt et les conquêtes territoriales grâce aux armes et les lances. Plus que partout au monde, le développement des civilisations africaines est lié à la métallurgie, apportée aux hommes par de grands ancêtres forgerons.

Bien souvent, des objets en métal étaient utilisés comme monnaie d’échange. Dans toute l’Afrique Australe, on a longtemps utilisé des « croisettes » de cuivre comme monnaie. Les croisettes avaient la forme d’une croix de Saint André, leur poids pouvait varier de un à dix kilos. Les métaux pouvaient aussi s’échanger sous forme de bracelets, de cloche, les mitako, les guinzés ou de filaments torsadés.

Il y a quelques années, on a découvert dans l’extrême nord de la Mauritanie, les restes d’une caravane, chargée de lingots de cuivre, qui s’était égarée il y a huit cent ans. Cette découverte nous montre qu’un commerce portant sur le cuivre existait entre les deux rives du Sahara. Un autre, exemple nous est fourni par l’art du Bénin et d’Ife. Pour réaliser leurs chefs d’œuvres, les forgerons et les fondeurs de ces régions du Bas Niger avaient besoin d’étain et de zinc nécessaires à l’obtention du bronze. Or, ces métaux se trouvaient dans des pays très éloigné ; ici aussi, rien n’aurait été possible sans l’existence de circuits commerciaux.


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Jeudi 22 Mai 2008
Fabienne Rafidiharinirina
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