La vente illégale de médicaments sur Internet en FranceSix interpellations de personnes en France soupçonnées de vente illégale de médicaments sur Internet, tel est le résultat de l'"Opération Pangea II". Cette opération de surveillance, orchestrée par Interpol, a permis de contrôler 125 sites internet illégaux répartis dans 24 pays, dont 20 étaient rattachés à la France.La santé, un bien de e-Consommation comme les autres ?
L’objectif du commerce électronique reste certes de faciliter et développer la vente de biens mobiliers sans opérer de restriction majeure en raison de leur nature et des territoires visés. Néanmoins, certains produits incluant les médicaments demeurent interdits à la vente en France via le réseau internet malgré la légalité de ce commerce en ligne dans de nombreux pays européens.
En effet, cette prohibition du droit français ne trouve son fondement dans aucune disposition législative expresse, mais découle d’un arsenal de textes ayant trait, par exemple, à l’interdiction d’exercer illégalement la médecine , la définition de l’officine, le monopole pharmaceutique, la législation sur les prix des médicaments remboursables, l’interdiction de la publicité à destination du grand public pour les médicaments soumis à prescription obligatoire et/ou remboursables sauf obtention d’un visa préalable, l’interdiction de la publicité mensongère…
Ainsi, est strictement interdite en France toute commercialisation via internet de médicaments contrefaits, de médicaments n’ayant pas obtenu l’autorisation de mise sur le marché dans l’Hexagone par les instances nationales ou communautaires et de médicaments soumis à une prescription médicale en France. Ainsi, l’ensemble de ces pratiques sont prohibées quelque soit le pays de domiciliation du site (France ou à l’étranger si le public français en est la cible), le public concerné (français ou étranger) la qualité des personnes dispensant les médicaments (pharmaciens ou non), le statut du médicament dans le pays d’origine (légal ou non).
htmlspecialchars_decode('«') Cependant, une brèche a été ouverte par la Cour de Justice des Communautés Européennes dans son arrêt «DocMorris» du 11 décembre 2003 en considérant notamment qu’un Etat membre ne pouvait interdire la vente par correspondance de médicaments non soumis à prescription comme il pourrait le faire en présence de médicaments soumis à prescription. A l’heure actuelle, de telles pratiques n’ont reçu aucun encadrement légal en France ou en Europe. htmlspecialchars_decode('«') En conséquence, la dispensation de médicaments en France via le réseau internet reste aujourd’hui plus que risquée et la prudence recommande d’attendre qu’un cadre légal adapté soit défini par les pouvoirs publics. Cette violation tombera également sous le coup de la contrefaçon des brevets et de marques prévues par les dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Une personne responsable d’un site domicilié en France contreviendra à la législation sur la dispensation de médicaments sur Internet que si le site vise un public français ou étranger. En revanche, une personne responsable d’un site domicilié à l’étranger ne contreviendra à la législation que si le site a pour cible le consommateur français. A lire dans la même thématique
Source : Jurilexblog
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Rédigé par Christophe Da Silva, le Mercredi 10 Février 2010.
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